Au creux de l’hiver

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Et voilà, nous y sommes au creux de l’hiver, et les doutes m’assaillissent sur le bien fondé de mon système d’élevage, quand j’arrive le matin et que je vois les brebis qui font le dos rond; elles ont eu de la pluie toute la nuit. Tiens, il y a deux agneaux qui s’abritent sous le ventre de leur mère.

Mais en faisant une bonne gestion du pâturage, leur mettant un coin de forêt dans leur parc, pour qu’elles s’abritent un peu la nuit, j’arrive à les maintenir de bonne humeur. Plus que jamais elles ont besoin de s’étaler une fois par jour. Je reste des longues heures sous la pluie à les garder, et finalement ce qui m’impressionne c’est le stoïcisme avec lequel elles acceptent le mauvais moment à passer, elles savent que de toute façon le beau temps reviendra et je prends exemple: je regarde les agneaux jouer sous la pluie, les palombes qui volent au vent et cela me procure une espèce de pleinitude.

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Je me félicite de tondre à l’automne et l’abondance de pâturage aussi nous allège grandement ce moment de dureté où les éléments se déchaînent; je ne lésine pas sur les temps de garde.

Le troupeau est sélectionné de par sa rusticité, il y a peu de races qui supportent d’agneler dehors. Les races anciennes ont le privilège d’être fières, débrouillardes et intelligentes. Leurs agneaux naissent avec du poil, ils sont debout presque aussitôt, et suivent leurs mères au bout de quelques heures seulement.

Quand les brebis ont faim, elles laissent leurs agneaux à leur sort, ceux là jouent ou dorment, des fois je les crois abandonnés, mais au bout d’un moment leur mère, rassasiée, rapplique et récupère le petit et le fait téter. C’est un joli spectacle, plus de cent agneaux et leurs mères, qui elles, mangent calmement, tandis que les petits, en bande, se livrent à des courses effrénés, pour ensuite chercher leur mère pour téter. Je regarde tout ça, je n’interviens pas, je contemple.

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Les couleurs de la nature sont plus éclatantes. Un rayon de soleil fait flamber forêt et ciel; il y a des vols de palombes extraordinaires, leurs formations décousus m’enchantent; des fois, je les surprends sur un pré qui devient gris tant il y a d’oiseaux, et à mon approche tout le monde s’envole dans un bruit de battement d’ailes extraordinaires. J’aime cette ambiance sobre, les gelés blanches du matin, les grands vents, les pluies battantes. C’est difficile de décrire cette ambiance d’hiver, il faut y être, je suis contente d’être obligé de sortir du coin du feu pour rencontrer cette nature hivernale.

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