Transhumance à Périgueux

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Le 15 octobre 2019 nous partons avec notre troupeau de brebis à Marsac au Parc des Expositions depuis le Parcot. Une belle aventure, qui a débuté autour d’un verre avec Didier Vassal et Pascal Laurent. Les organisateurs sont donc le Parc des Expositions, Lo Bournat et nous, Pastoralisme en Double . Et heureusement, car autant nous nous sentons capables de mener le troupeau autant nous sommes désarmés devant les démarches administratives, et nous aurions jamais le temps de nous occuper d’animations autour de cet événement.


Le pastoralisme est sans doute la forme la plus ancienne de l’élevage. Ce lien fort entre humain et animal, tous deux vivants au même rythme des jours et des saisons, remonte à la nuit des temps.

Aujourd’hui, en pleine déprise agricole, le pastoralisme représente une des réponses à une agriculture trop intensive, trop déshumanisée. Un troupeau qui est nourri uniquement avec ce que la nature offre, sans interventions mécaniques, trouve facilement sa place dans nos campagnes. L’enjeu est simple, des clôtures mobiles, des chiens, et une population locale favorable à un troupeau itinérant. 

Grâce à leur mobilité, les brebis peuvent se nourrir dans les coins délaissés, elles trouvent leur bonheur aussi bien dans les friches et sous-bois que dans les prairies fauchées par un agriculteur. Elles peuvent se balader le long d’un chemin ou d’un cours d’eau tout en se nourrissant, et leur passage est favorable à la diversification de la flore. Des plantes délicates, ayant besoin de lumière au sol pour pouvoir pousser, retrouvent ainsi leur place dans l’écosystème. Insectes et oiseaux profitent aussi du passage d’un troupeau.

Dans nos campagnes souvent reculées et un peu délaissées, un troupeau de brebis contribue au lien social entre les gens et les hameaux. Les prairies vidées de leur bétail retrouvent une vie et les brebis contribuent à garder le milieu ouvert. 

Le troupeau avance toujours, et en temps de sécheresse, il trouve de l’herbe verte. Les brebis occupent un grand territoire, leur nourriture est donc autant diversifiée, ce qui contribue à la santé des bêtes. Elles aiment marcher, car elles savent que devant elles se trouvent les pâturages nouveaux, avec de l’herbe fraîche et propre.

Cette transhumance, au profit des blouses roses, aimerait porter les valeurs du pastoralisme et de La Double vers notre capitale départementale. En effet, le petit pays de La Double cache beaucoup d’initiatives et d’activités. Les associations sont nombreuses, et nous voulons offrir à toutes ces personnes engagées une plate-forme pour mieux faire connaître notre territoire. 

Pâturer les bords de chemins

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Le maire d’Eygurande et Gardedeuil m’avait soumis l’idée de venir avec le troupeau sur sa commune pour pâturer les abords des chemins forestiers et petites routes peu fréquentés. J’aime les expériences, alors j’ai dit oui, mais j’avais des doutes: est-ce que les brebis vont manger à leur faim? est-ce qu’on va pouvoir les tenir, les faire marcher lentement? Notre fonctionnement jusqu’ici ne prévoyait pas de déambuler sur les routes mais d’aller de A à B.

Enfin c’est parti. Un beau matin nous avons pris la ligne de gaz pour aller à Fontblanche. Justement il faisait particulièrement froid ce matin là, les saints de glaces, et plus on se rapprochait de notre point de chute, plus les fougères, les pousses de chênes, et pour finir même les fleurs d’Asphodèle avaient pris un coup de gel. Le froid laisse les brebis assez indifférents, elles ont leur laine. 

Bien sûr, la veille il y a la dernière mise bas! le petit fait de son mieux pour suivre, et nous voilà partis en terrain inconnu. Nous sommes tout excités, cela fait un moment que nous n’avons pas été vers de nouveaux horizons. 

La ballade est belle et tranquille, les brebis avancent tout en mangeant, on commence à s’entraîner pour notre mission. On arrive, on les parque, et le lendemain matin c’est parti. Il y a un dédale de chemin forestiers à parcourir depuis Fontblanche, de quoi voir comment ça se passe. Les brebis font comme prévu, elles avancent dans l’idée de trouver du pâturage au bout de route. Je les freine avec le fouet et les chiens. Eux aussi ont plus l’habitude de pousser derrière que de freiner devant. 

Petit à petit le nouveau fonctionnement se met en place: les brebis ralentissent, s’étalent au bord du chemin, les chiens les freinent sans les tourner, on prend un rythme. Après quelques jours nous voilà sur les petites routes. Je mets des panneaux « Danger Troupeau » d’un bout et de l’autre du tronçon que nous allons occuper quelques heures dans la matinée de façon que les rares automobilistes puissent soit faire le tour, soit prendre patience et attendre que le troupeau passe. 

Autant les chemins forestiers étaient tranquilles, autant les bord de routes sont riches en herbes différents. Mais il faut faire attention que les brebis ne débordent pas dans les prés de fauche. Les quelques voitures qui passent ont le sourire, enfin leurs conducteurs. Cela rassure, car je me dis, que peut-être la population n’est pas tout à fait conquis à l’idée des crottes sur la route, et des abords moins nets. En croisant le maire mes doutes sont tout à fait dissipés, il a eu beaucoup de retours positifs. Les gens aiment nous rencontrer, nous voir faire.

La découverte la plus étonnante pour moi est de constater qu’il est possible de nourrir un troupeau rien que sur les bords de routes. Cela me procure un sentiment de liberté extraordinaire. Quoi qu’il arrive, on trouvera toujours de l’herbe pour nos brebis, même en pleine sécheresse. Et notre principale occupation est justement….l’herbe. Riche, pauvre, diversifié, molle, nourrissante, épaisse….

Pour finir je vous mets un petit texte lu par là dans un très beau livre sur la transhumance:

Ils vont,

cérémonieux,

héritiers d’une  culture,

au rythme indéformable

et multimillénaire,

baïle de tête

comme un berger en chef

dans la dignité d’un stratège

et l’anxiété du commandement….

Faire laver la laine à Niaux

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Je suis partie en Ariège faire laver de la laine de mes brebis. Depuis 150 ans la filature existe. Elle donnait du travail aux gens de la vallée. Voici le lien vers SIBADA LAINES, l’association que s’en occupe aujourd’hui.

Niaux est dans une vallée encaissé. Les montagnes environnantes vous étouffent un peu. Mais l’équipe est joyeuse et motivé, et le cadre permet de découvrir tant de choses. J’aime à me retrouver en leur compagnie. 

J’ai fait un photo reportage du cycle de lavage:

 

 

La rivière est détournée et elle coule aux abords de la filature. 

 

 

Un système astucieux permet de faire couler l’eau dans le bâtiment dans une cuve ou le tourbillon permet de rincer la laine préalablement trempée et dans une eau chaude à 65 degrés. 

 

La laine est égoutté et versé dans la centrifugeuse. Une fois essoré elle est étalé sur des claies et séchée dans une grande armoire chauffée.

Je me suis baladée dans le pays, j’ai visité des amis en attendant que tout cela sèche, j’ai visité les thermes pas loin, j’ai vu plein de ronds points occupés par les gilets jaunes, et puis j’ai récupéré ma laine et j’ai continué vers le pays basque. 

Un long périple en fait, de l’autre côté des Pyrénées. J’ai fini par arriver, nouvelle rencontre, nouveaux paysages, et la promesse de pouvoir récupérer la laine cardé fin janvier. A suivre……

Dans la Double ça bouge

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L’eau a coulé depuis cet hiver. J’ai souvent pensé à des petits bouts de texte pour donner de mes nouvelles. Or, depuis il s’en est passé tellement de choses que j’ai du mal à commencer. Faut-il s’étaler sur le fait qu’on est toujours en lutte contre le ball trap de Servanches? ou bien, vu que le site est fermé provisoirement, suffit-il de penser à autre chose? J’y songe souvent quand même; après tout, ils me traînent au tribunal, et ce ne sont pas des lieux que je fréquente, je m’en passerais bien de cette nouvelle expérience. Mais en organisant un concours de tonte dans la Double, dans le but d’une part, de rassembler des fonds pour notre défense avec un avocat, et d’autre part pour montrer qu’il se passe des choses chez nous, que nous sommes pleins à vivre et à travailler dans ce beau pays, nous avons découvert que notre expérience est une inspiration pour certains. Cela nous a soudé, nous avons travaillé ensemble pour créer un bel événement, à notre image, joyeux, professionnel. La solidarité des tondeurs venus de toute la France nous a fait chaud au cœur. Ils ont été suspendus à nos lèvres pour écouter nos péripéties, ébahi devant ce beau pays duquel ils n’avait jamais entendu parler….. au moins pour ceux venus de loin. Retrouvez quelques images sur www.gensdeladouble.fr 

Le concours de tonte de la Double a aussi permis de faire connaître la toute nouvelle association « Pastoralisme en Double » que nous avons créé, avec l’ambition de dynamiser le pays à travers notre métier, de relier la partie Gironde et Dordogne de la Double, et de relier la Double aux traditions ancestrales des transhumants pyrénéens. Nous voulons d’une part organiser et participer à des événements, d’autre part développer le pastoralisme itinérant dans la Double. 

Et puis Pierre Paul s’est lancé! Il est le nouveau berger dans la Double. Arrivé il y deux ans bientôt avec sa famille d’Île de France, il s’installe doucement autour de son étang à St. Barthélémy de Bellegarde. Parallèlement il devient Pépé le moutonnier sur Facebook, et dans la vie réelle il s’implique de plus en plus avec ses cent brebis itinérants. Etant novice dans le métier, nous travaillons étroitement ensemble, et nous essayons de développer un système de travail de bergers itinérants en réseau.

Il est toujours intéressant d’être plusieurs. Nous optimisons le système, nous nous remplaçons pour la garde des brebis, en cas de coup dur nous pouvons nous appuyer sur l’autre, etc. Nous espérons développer un système qui peut inclure d’autres bergers, en partageant travail et matériel. Une avancée très prometteur, en même temps prenant et exigeant.

Loïc Mazalrey

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Voilà le travail de Loïc Mazalrey, photographe à St. Léon sur l’Isle. Il a passé du temps avec le troupeau et moi, afin de préparer un reportage. Il a fait des milliers de photos, qu’il retravaille ensuite minutieusement. Son style est unique, mon troupeau devient presque biblique.

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cagette.net

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J’ai participé à une formation géniale!!!! Elle s’appelle cagette.net

François et Sébastien ont un logiciel. François l’a été crée pour faciliter la vente en direct des producteurs. C’est bien connu, nous avons souvent un peu du mal avec l’informatique, enfin je parle pour moi, et jamais j’achèterais un logiciel à plusieurs centaines d’euros, avec un énorme risque, de ne pas savoir m’en servir.

Mais leur formule prévoit de nous offrir le logiciel, si nous participons à une formation, qui est prise en charge par VIVEA, organisme que nous payons avec nos cotisations. Donc François et Sébastien se font indirectement payer le logiciel et en plus ils nous offrent une formation.

Cagette.net incite les producteurs de se mettre en réseau pour avoir réellement différents produits intéressants à proposer dans leurs boutiques en ligne. Et surprise, à la formation je retrouve des gens de mon secteur  et hop, nous créons Le petit Marché de Douzillac. Si vous cliquez dessus, vous pouvez commander mes produits, mais aussi ceux d’Aurélie et de Delphine, et il peut s’en ajouter d’autres. Ainsi, le petit Marché de Douzillac, qui était en train de mourir, tellement il était fastidieux de passer la matinée dans l’attente d’un pèlerin qui passerait peut-être par là acheter peut-être une salade……….C’est bien connu, nous, les producteurs, nous n’avons pas que ça à faire!

Je le sais, je ne suis pas très bonne en marketing. (les grands mots). Dans la Double, il y encore des gens qui me croisent, et qui ne savent pas, que je vends de l’agneau en direct, ou si ils le savent, ils ne voient quand même pas comment s’en procurer, et ça après dix ans de pastoralisme dans la Double!

Les éleveurs ne sont pas les seuls à avoir peu de temps. La grande faille de la vente en direct reste l’inconvénient de devoir arpenter tout le pays à la recherche des différents produits. D’accord, il y en a qui sont à la retraite, mais même: je connais quelques retraités très occupés!

Concrètement, grâce à la formation, j’ai ajouté un onglet à mon site internet qui s’appelle COMMANDES. Et maintenant, vous pouvez aller sur cette page et commander mes produits depuis votre sofa. vous pouvez savoir quand et où je livre, et moi je peux savoir qui va venir où et quand chercher son colis. Si ce n’est pas révolutionnaire!

Je ne prétends pas maîtriser toutes les fonctions qu’offre cagette.net. J’ai le cerveau un peu lent. Mais c’est un bon début, et on va voir la suite. Je vais peut-être pouvoir apporter de l’aide à la saisie des commandes dans mes différents points de ventes et AMAP sur Bordeaux.

Ce que j’ai fait avec mon troupeau pendant les deux jours de formation? Eh, bien merci à ma fille, qui avait un peu de temps avant son départ en voyage. Il faisait mauvais, et inévitablement les brebis se sont échappés. Elles se sont éparpillés dans toute la campagne, j’ai eu des coups de fil affolés. Mais avec l’aide des voisins et des chiens, ma fille a réussi à remettre de l’ordre. Galère! Comme quoi, rien n’est jamais gratuit.

 

Vu à Bordeaux

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Nous sommes quelques éleveurs à être invités à une soirée débat autour du thème « quelle place pour les animaux d’élevage » au cinéma Utopia à Bordeaux à la suite de la projection du film « cousin comme cochon ».
J’appréhendes à me faire jeter en pâture aux végans, anti-spécies et autres membres de l’association L214, d’un autre côté on m’a récemment dit que j’étais une guerrière des temps modernes, et même si je sais que c’était pour me flatter, je crois que c’est un peu vrai.
Je voulais m’approcher de près de ce mouvement citadin, savoir qui sont ces gens, qui arrivent à dégouter de manger de la viande, ce qui, dit en passant, est mon gagne-pain. Je veux défendre mon mode d’élevage, qui est mon mode de vie.
Un ami tondeur a écrit un article dans notre bulletin national des tondeurs, « végans, une espèce en voie de malnutrition » et il m’a recommandé de les approcher avec bienveillance, car « ils sont souvent facilement irritables à cause de leur carence chronique en sérotonine ».
Après le film « cousin comme cochon », qui traitait de l’élevage en bretagne, le débat  commence. Thomas, mon pote tondeur a raison, les végans, on les reconnaît facilement à leur teint blême et leur expression crispé. D’entrée de jeu ils critiquent le fait qu’il n’y a pas d’éleveur industriel parmi nous, ce que je trouve bien cruel venant de gens qui s’insurgent contre la cruauté envers les animaux. Il aurait été mis en pièces. Je leur fais remarquer.
On peut laisser aux membres de l’association L214 le mérite d’être des lanceurs d’alerte, mais je reste pantois devant ces jeunes urbains, bien installés dans leur confort, qui s’approprient un combat, en l’occurrence le bien-être animal, sans connaître les réalités d’un éleveur.
Mes brebis, sont-elles heureuses ? Elles ne me l’ont pas dit. Il est vrai, que je choisis leur mode de vie, qui devient par la même occasion mon mode de vie. On a vite fait de confondre notre sensibilité et la sensibilité des animaux. Pour sûr, ils sont à leur place. Dans la nature, à manger de l’herbe. Evidemment qu’un animal est sensible, mais une plante aussi, on a qu’à regarder le film « l’intelligence des arbres ». Je trouverais dommage de perdre le lien avec le règne animal, avec la nature. Et les animaux domestiques ou d’élevage le font, ce lien. Il ne faut pas avoir peur du vivant sous prétexte qu’un animal qui meurt ne l’a pas voulu. La salade non plus, et puis les animaux ne veulent pas. Ils attendent voir. On meurt tous à un moment ou à un autre, et personnellement je veux bien mourir quand mon heure sera venue comme mes agneaux, pour une cause, et pour fermer un cycle.
Si j’étais citadine, je mènerais sans doute des combats de ville, le bien-être des gens, enfin ce qui m’entourerait, comme je le fais dans ma vie de rurale. Il m’est pénible de discuter avec des gens qui ne savent pas de quoi ils parlent, qui ont trouvé leur argumentaire sur Facebook. Et quand Éric, mon ami et collègue éleveur les invite à cultiver, pour expérimenter leurs convictions, il n’y a pas de résonance.
J’ai eu pitié d’eux, pâles, tristes et agressifs comme ils étaient, je leur ai dit de venir avec moi passer ne se reste qu’une journée avec les brebis pour voir par eux-mêmes de quoi ils parlent. Personne n’a sauté sur l’occasion. Aiment-ils vraiment les animaux, ou plutôt un concept ? mystère. J’aimerais les emmener avec moi, puis ensuite découvrir leur univers. Heureusement qu’ils étaient à cette soirée, sinon on aurait encore une fois prêché en terrain conquis. C’est passionnant de rencontrer ce qu’on ne connaît pas, qu’on ne comprend pas. J’ai eu des échanges intéressants après le débat, mais ensuite chacun rentre chez lui sans que quelque chose aurait notablement bougé.
Certains de mes clients m’ont demandé si j’étais allée contrôler dans quels conditions mes animaux se font abattre, et ils m’ont mis mal à l’aise. Je vais depuis toujours à l’abattoir de Ribérac, une petite structure. Je suis très reconnaissante avec les employés qui y travaillent, de prendre mes animaux en charge. Comme l’a mis en évidence L214 c’est dur le travail qu’ils font. J’ai néanmoins confiance en leur professionnalisme, et je suis persuadée qu’ils font de leur mieux, comme presque tout le monde. Il m’est totalement impossible d’aller les fliquer. C’est pour l’abattage à la ferme qu’il faut militer.
Je ne suis pas capable d’adopter un discours adapté aux citadins, genre, « ça me fait mal au cœur de voir mes animaux partir, mais que voulez-vous ? c’est comme ça ! » J’ai un mode de vie, je garde mes brebis dans des espaces délaissés. Accessoirement je gagne ma vie, et c’est à ça que sert ma production d’agneaux. Ce sont eux qui me permettent de mener la vie que je mène et je les remercie. C’est avec plaisir que je les mange, que je vous les vends. Parce que là, il y a du sens.

Tout de même, les ventes de caissettes d’agneaux sur Bordeaux sont en baisse. Quelque part je subis les dommages collatéraux du bien-être animal. Ça me met un peu en rogne, parce que je crois on se trompe de combat. Il faut manger moins de viande, certes, mais il faut manger de la bonne viande. Nos campagnes ont besoin de troupeaux de bêtes. Pour entretenir l’espace, mais surtout pour qu’il y ait de la vie! 80% de la population habite en ville. Déconnecté de la vie et de la mort. Nous aimons la salade, les limaces aussi. Quelqu’un doit mourir. Pour encore citer Thomas « Le bosquet que l’on rase pour installer une plantation de blé est un garde-manger généreux pour une grande diversité d’oiseaux, d’herbivores, d’insectes et de rongeurs. En supprimant ce bosquet, on confisque une aire de nourrissage pour ces animaux. Bien sûr, ils pourront aller ailleurs, mais ailleurs la niche alimentaire est déjà occupée par d’autres animaux qui pourront à leur tour partir ailleurs, mais à un moment donné quelqu’un doit mourir. »
Je suis installée sur une terre pauvre. Il y a bien quelques maraîchers, et ils ont du mérite, mais ici, c’est clairement un pays d’élevage. Alors ? troupeaux ou ronces ? je ne crois pas devoir donner une réponse, mon point de vue est clair. Mais pour vivre et faire ce que je fais, soutenu par beaucoup de gens, et aussi des végétariens, je dois vendre ma production. C’est le seul moyen de rester cohérente. Alors, révisez vos convictions !!

Accusé(e)(s)

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Il y a à peu près un an et demi, un ball trap s’est installé à Servanches. Je m’étais interrogée dans un de mes petits articles intitulé Double en Danger. A l’heure où j’écrivais ces premier mots, l’activité n’avait pas encore commencé. Nous avions juste le sentiment que quelque chose de pas bon se tramait.

Nous avons crée un Collectif. D’abord nous voulions des informations, connaître les gens qui voulaient monter un ball-trap. On a eu une soirée « d’information », au savoir d’aujourd’hui je pourrais dire désinformation. Nous avons été menacé et on nous a dit de nous tenir tranquilles, car nous n’avions pas voix au chapitre. Les élus présents sont restés silencieux; et une visite du site à été presque accordé par Benjamin Tranchant pour ensuite être refusé quand même.

Erreur. Notre belle détermination de faire les choses proprement en collaboration avec tout le monde a volé en éclats. Ensuite c’était un travail de fourmis. Nombreux que nous sommes, nous avons cherché à savoir quelle impact a un ball trap sur la nature, quels sont les droits et les devoirs d’un gérant ou propriétaire? C’était difficile, mais nous avancions pas à pas. Nous avons écrit des lettres partout pour alerter, demander de l’aide auprès des élus, l’administration….

Et puis « la chose » a ouvert, et on a compris. C’ETAIT INVIVABLE! Un bruit lancinant presque permanent, le samedi dimanche on aurait dit la guerre arrivée chez nous. Les compétitions (50 à 70 tireurs) n’en parlons même pas!! Les plus proches riverains ont bien failli commettre l’irréparable plus d’une fois, et heureusement qu’au sein du Collectif nous pouvions en parler, nous entraider et agir.

Nous sommes allés souvent aux abords de ce ball-trap: pour sensibiliser les usagers, leur faire comprendre que nous habitons ici et qu’ils aimeraient pas avoir ça chez eux. Sourde oreille la plupart du temps.

Ensuite ça s’est accéléré: le préfet a changé, nous, de plus en plus excédés avons occupé la mairie et promis que nous l’occuperions jusqu’à avoir une date pour une table ronde où les services de la préfète, le maire et le gérant du ball trap nous expliqueraient pourquoi nous devrions accepter de voir notre cadre de vie à ce point dégradé.

Nous avons eu gain de cause et les choses ont changés!! nous avons découvert que les règles n’ont pas été respectés, contrairement à ce qu’on nous faisait croire, que les services de la préfecture en se penchant sur le problème ont découvert de nombreux dysfonctionnements. Par la suite le site à été fermé provisoirement par arrêté préfectoral à partir du 3 juillet 2017. Bravo et merci la préfète!

Au moment où j’écris ces lignes, ça fait déjà trois mois que nous avons retrouvé notre tranquillité. Et contrairement  à avant le ball-trap nous savourons le silence, et nous ne sommes pas prêts à nous laisser priver de nouveau de cette qualité de vie.

Seulement voilà: Messieurs Tranchant et Gendreau ont l’habitude de jouer et de gagner. Maintenant ils m’accusent de diffamation (dans mon rôle de porte-parole du Collectif) et nous allons comparaître devant un tribunal. Ceci pour avoir dit des choses vrais, pour avoir informé la population, pour avoir mené des actions bon enfant qui ont canalisé la colère et le désarroi des gens.

Je ne suis pas sûre de pouvoir publier mon petit article, la diffamation me guette à chaque tournant de phrase, et même si on peut prouver qu’on a raison, cela coûte de l’argent, et si le jeux de M. Tranchant s’appelle « qui a plus d’argent? », ils a déjà gagne, et cette victoire je la leur laisse avec plaisir. Nos valeurs sont très différentes!

Nous allons devoir compter sur la solidarité des petits gens, mais je suis certaine que nous allons pouvoir lever les fonds nécessaires pour nous défendre.

Quelle rapport avec mon activité pastorale? D’abord moi aussi j’ai dû garder les brebis sous le bruit des tirs: les chiens qui se cachaient et ne voulaient plus travailler.

Mais surtout, cette histoire qui est loin d’être terminée, m’a appris qu’il est grand temps de développer les activités qui fonctionnent ici, et le pastoralisme en est une. J’ai souffert et je souffre encore de devoir me battre contre des gens, de devoir leur dire, qu’ils n’ont plus qu’à partir. Je ne suis pas une grande révolutionnaire. Il est de loin plus agréable et constructif de développer le pays et ses activités déjà existants. Si on pouvait travailler vers une Double dynamique, consciente de ses richesses (et on y est déjà presque), personne n’aurait l’idée de venir ouvrir un ball-trap, sinon virtuel!!

Aidez-nous:

https://www.leetchi.com/c/solidarite-de-collectif-de-servanches

 

 

Dordogne Libre

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J’ai retranscrit l’article de Maéva Louis, car à Dordogne Libre ils ne mettent pas leurs articles en ligne.

Thérèse, une bergère sans terre qui ne suit pas le troupeau

Un transfert de 10 km avec une bergère nomade et ses 500 brebis, sur les routes de la Double

 

  • Thérèse Kohler est bergère sans terre dans la Double depuis huit ans.

  • Elle déplace ses brebis au gré des prés qui lui sont prêtés, attachée à sa liberté et à son indépendance.

  • DL a suivi cette éleveuse unique en Dordogne, le temps d’une transhumance riche en réflexion.

Maéva LOUIS

Il est 7 heures, en ce frais mercredi de juillet. Thérèse Kohler ouvre la porte de sa camionnette garée devant une ferme de Saint-André-de-Double. Trois borders collies tout fous s’en échappent et, tels des employés modèles, courent se mettre au travail, littéralement. L’œil vif et la langue pendante, les chiens tournent à toute vitesse autour du troupeau pour le rassembler en un groupe compact.

Aujourd’hui, les 300 brebis et leurs 200 agneaux déménagent dans un pâturage à 10 kilomètres de là, dans le village d’Echourgnac. Un périple qui n’a rien d’inhabituel, puisque Thérèse est une bergère sans terre. Elle déplace son troupeau fréquemment, au gré des terrains qu’on lui prête. Une pratique unique en Dordogne.

Bâton crochu en main, l’éleveuse de 51 ans se met en route, ses protégées trottant à bonne allure derrière elle. En chemin, elles cassent la croûte, se bousculant dans les fossés pour croquer un arbuste ou une touffe d’herbe. « Devant, il y a celles qui marchent bien, et derrière, les boiteuses », rigole Thérèse. Elle crie «  Devant !  » ou  » Derrière !  » à ses chiens Mizli, Elie et Lenz, pour qu’ils remettent dans le rang les indisciplinées tandis que son patou, Matou, inspecte les environs pour prévenir d’éventuels dangers: chiens errants, voleurs, ou même… loups. Thérèse est convaincue que d’ici peu, ce dernier recolonisera la Dordogne, alors elle préfère prendre les devants. 

Cette vie particulière, la robuste Echourgnacoise aux longs cheveux châtains et à l’accent allemand l’a choisie il y a huit ans. «  Au départ, c’est parce que je n’avais pas d’argent pour m’installer, Et après, c’est parce que ça me plaît tellement! J’aime ça , arriver dans les contrées…. »

 » Ce projet-là m’a aidée à me reconstruire « 

Ses doutes quant à la viabilité du projet ont vite été balayés: les propositions affluent pour accueillir son troupeau, qui fait office de tondeuse efficace et écolo. Et sa qualité d’étrangère – elle n’a jamais demandé la nationalité française – n’a pas joué conter elle. «  Je ne pourrai jamais assez remercier les gens et ce pays. Les Doublauds sont des gens vraiment accueillants, quand ils voient que quelqu’un a vraiment envie, ils marchent avec lui. Mais il ne faut pas arriver en vainqueur… « 

Sur sa vie d’avant, Thérèse est peu bavarde. Née en Suisse, dans le canton de Berne, elle est arrivée en France il y a plus de trente ans.  » Avant ça, j’avais une ferme avec le père de mes enfants, en Gironde. Accident de parcours, et je suis arrivée dans la Double « , résume-t-elle. Elle mène son exploitation seule.  » Ce projet-là, ça m’a aidée à me reconstruire. ça m’a prouvé que je sais faire ça , avoir une entreprise, élever mes enfants… »

Là, au grand air, au milieu de se animaux, Thérèse est heureuse.  » C’est ça qui est beau, des troupeaux de bêtes ! ça manque dans nos paysages « , s’illumine-t-elle alors que le cortège bêlant longe un champ de vaches.

Un élevage d’avenir ?

Femme de convictions, adepte d’un mode de vie simple, Thérèse réfléchit beaucoup au sens de son métier et de l’agriculture en général. Elle est convaincue que sa méthode de fonctionnement est  » dans l’air du temps « , avec des animaux vivant en extérieur, été comme hiver, et se nourrissant exclusivement de ce que la forêt de la Double a à offrir: herbe, feuilles, lierre, glands… Ce qui est impossible dans un élevage sédentaire, où les ressources naturelles s’épuisent vite. De plus, les déplacements réguliers maintiennent les bêtes en bonne santé:  » Elles ont peu de maladies « , constate leur propriétaire.  » ça peut être une forme d’élevage du futur, parce que c’est une façon de produire de la viande sans avoir à produire des protéines végétales pour les nourrir, sur des terres qui pourraient servir à de la production pour les humains  » , croit-elle. A l’idée de se fixer, elle sursaute: «  Oh non ! Je ne pourrais pas tenir une ferme, les toitures, les tracteurs.. »

Le troupeau avance sans broncher sur les petites routes, coupant parfois à travers champ. Seul le passage sur la départementale reliant Ribérac à Montpon est un peu délicat. Jacky, un ami, ouvre la voie avec sa camionnette et lorsqu’un véhicule se présente, les brebis parquent plus ou moins sagement sur le côté.

Pourquoi  a-t-elle choisi des moutons? « J’aime les brebis, s’enthousiasme Thérèse. Elles ont une façon de vivre exemplaire. Elles prennent ce qu’il y a, ne se plaignent pas, et n’ont pas de hiérarchie comme les chèvres. Elles se marient bien avec le paysage et sont dociles. »

« Beaucoup perdent le lien avec la nature »

La bergère leur confère un rôle presque sacré:  » Les animaux domestiques, c’est le lien avec la faune sauvage. Ce que je reproche aux gens qui disent qu’on mange trop de viande, qu’il y a des scandales dans les abattoirs, etc., c’est que si on allait dans ce sens-là, on perdrait le lien avec les animaux. Beaucoup de gens perdent lien avec la nature. « 

Après trois heures d’effort, les brebis atteignent leur nouvelle maison provisoire : un champ non fauché, sur lequel elles feront halte deux nuits, avant de repartir le vendredi,(hier soir), direction la fête de la forêt de la Double, qui a lieu aujourd’hui à Saint-Barthélémy-de -Bellegarde. Le week-end dernier, elles avaient déjà participé à la fête des épouvantails de saint-André-de-Double, essentiellement pour servir de décor. Parce qu’n plus d’être sympas, les brebis sont belles. Elles ont décdidément tout pour plaire.

Une activité rentable, mais solitaire

Thérèse Kohler exploite son troupeau uniquement en vendant les agneaux.  » Au début, je voulais faire une production de lait, mais c’est une autre histoire ! La journée ne serait pas assez longue « , rit-elle. Elle a aussi renoncé à la laine, pas assez rentable.

La vente d’agneaux, en revanche, lui permet de gagner décemment sa vie. il en naît environ 300 par an, et chacun lui rapporte une centaine d’euros. La bergère les envoie à l’abattoir de Ribérac, puis à un boucher. Elle fait également de la vente directe.

« J’ai aussi un projet de fabrication de tapis et chapeaux en laine « , dévoile-t-elle. Et eile voudrait développer la production de merguez.  » Il faut que je m’y attelle. Mais je ne suis pas bonne commerçante du tout ! « 

Un appel à se lancer

Surtout, Thérèse rêve que des éleveurs suivent sont exemple. « J’aimerais qu’on soit un groupe de bergers à faire ça. On pourrait s’entraider, mettre nos troupeaux ensemble pour souffler un peu. »

Elle invite donc quiconque aime les bêtes et la nature à se lancer. Sans foncier, l’investissement de départ est relativement modeste : 20 00 € pour un troupeau de 200 brebis, 1000 € de matériel et quelques chiens de berger à 500 € en moyenne  » J’ai zéro dette, je ne dois rien à personne « , s’enorgueillit Thérèse prête à parrainer les volontaires qui voudraient tenter l’aventure.

SARLAIDAIS

Le pastoralisme relancé en Périgord noir

Depuis 2010, la chambre d’agriculture de Dordogne oeuvre pour relancer le pastoralisme en Périgord noir. Cette tradition consiste à déplacer les troupeaux dans les bois, les landes et les friches pour entretenir le paysage, nourrir les bêtes et lutter en même temps contre le risque incendie.

« Nous avons fait le constat qu’il y avait une déprise agricole importante, qui entraîne une fermeture des terrains, explique Bernadette Boisvert, conseillère agricole au sein de la chambre. C’est tout un tas de clairières et vallées qui sont en train de se fermer complètement. C’est une économie agricole en moins, et il peut y avoir un impact vis-à-vis du tourisme : le paysage s’uniformise, il y a du petit patrimoine qu’on ne voit plus. « 

Une bergerie communautaire

la chambre d’agriculture s’est donc inspirée de ce qui se fait ailleurs, notamment dans le Lot, où la tradition pastorale est plus développée. Une opération test a eu lieu en août 2011, à Campagnac et Saint-Pompon. Ces communes ont reçu des troupeaux afin d’observer l’impact du pâturage sur des zones en friches des landes embroussaillées ou des zones boisées. L’occasion de sensibiliser les éleveurs et de démontrer l’intérêt de ces pratiques, tant en termes d’engraissement que d’alternative au système céréales traditionnel.

La chambre d’agriculture a en outre obtenu de préfecture le classement du quart sud-est du département en zone pastorale, « une zone avec de forts enjeux de fermeture et des coteaux calcaires « , écalaire Bernadette Boisvert. Ce qui a permis la création de quatre associations foncières pastorales (AFP), dont le but est d’inciter des éleveurs à se lancer dans la production ovine, grâce à une accompagnement et des aides.

C’est ainsi que la communauté de communes Domme-Villefranche-du-Périgord à acheté, en 2015, 8 hectares de foncier et y a construit une bergerie. Elle la loue à un couple d’éleveurs de brebis originaire de la Drôme, qui s’est engagé à pratiquer le pastoralisme.

« L’élevage ovin redevient une option »

« L’élevage ovin était un peu le partent pauvre de l’agriculture en Dordogne, et peu à peu, il redevient une option pour des gens qui veulent se reconvertir, constate avec satisfaction Bernadette Boisvert. On a eu plusieurs reconversions faites ou en projet, notamment chez des éleveurs bovins viande. Notre action à contribué à réhabiliter l’élevage ovin dans le département. « 

Quant au cas de Thérèse Kohler, il reste  » une exception « , souligne la conseillère, qui pointe un bémol:  » Sans foncier, on ne peut pas bénéifcier d’aides de la PAC ou autre. On a absolument aucune garantie. «  Ne dépendre ni d’aides ni de quiconque, c’est précisément ce qui plaît à la bergère sans terre.

 

Le Patou

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Mes brebis dorment toute l’année dehors, seules. Je pourrais dire: elles m’ont demandé un Patou, et c’est un peu vrai. J’ai commencé à discuter de l’acquisition d’un chien de protection avec les dresseurs et il m’ont orienté vers La Pastorale Pyrénéenne. Je suis tombé sur une équipe dynamique, qui m’a aussitôt pris en charge. Ils ont bien fait le tour de mon système d’élevage, et ils ont réfléchi comment adapter le Protocol. En effet, un Patou ça ne se dresse pas ça s’éduque en suivant un Protocol. Première phase: le chiot est mis avec un lot d’agneaux dans la bergerie. Déjà je n’ai pas de bergerie et encore moins un lot d’agnelles. Les problèmes commencent. Je me fais finalement conseiller un Patou un peu plus âgé qui a vécu cette première étape chez l’éleveur. Plus difficile à trouver, nous restons en contact.

Peu de temps après un nouveau coup de fil de la Pastorale. Ils ont déjà trouvé. Ils me proposent une journée formation dans les Pyrénées en même temps que je viendrais chercher le chien. Je m’organise. C’est difficile. Finalement je peux me libérer pour une journée (merci les enfants) et je pars à cinq heures du matin pour participer à la Formation des éleveurs à la mise en place et à l’utilisation du chien de protection sur troupeaux.

Je passe une journée passionnante avec Bruno Thirion, d’autres éleveurs, de vrais transhumants des Pyrénées. On discute difficultés, on parle ours et loup, randonneurs etc. L’art d’éduquer un Patou réside dans l’équilibre entre attachement au maître et fixation au troupeau. Il ne faut pas perdre le contrôle du chien, mais il doit se définir par rapport au troupeau, ne jamais le quitter, et écarter les dangers. Tout ce qui se passe à l’extérieur du périmètre doit le laisser indifférent. Vaste programme!

A la fin de la journée on me présente le Patou. Pauvre petit, jamais sorti de son environnement pastoral, il est perdu. Je l’approche doucement, le charge dans la voiture,  et c’est parti direction La Double, loin des montagnes.

Les premiers jours il fait pitié. Il n’a pas d’appétit, les brebis le tapent, c’est un moment difficile. Il quitterait facilement le troupeau, pour vivre plutôt avec moi, ou avec les chiens de conduite. Mais je tiens bon. Je lui apprends l’ordre « au troupeau », et d’abord réticent il va de plus en plus allègrement se confondre dans les brebis. Il finit par défendre sa gamelle et prendre du poids, et finalement je l’entends aboyer. Voilà, il est chez lui.

Reste à éduquer les gens: Il ne faut pas le nourrir, ni le caresser. Par chance c’est un chien qu’on approche pas facilement, il est méfiant et c’est tant mieux car il aurait vite fait de se retrouver sur un sofa par là.