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Élever un troupeau de brebis sans terre est tout à fait possible de nos jours « grâce » à la déprise agricole. Beaucoup de terres et prairies cultivées autrefois sont délaissés et la campagne se dépeuple de ses paysans……

L’agriculture demande de nouvelles initiatives, et mon petit projet en est une. En échange de bons procédés je me fais inviter par des particuliers et j’entretiens leur terrain. Cela nourrit mon troupeau toute l’année.

S’intégrer dans la Double. Voilà ce que je voulais par dessus tout. Avoir une activité qui me permette de déambuler par prairies et forêts, un peu comme les chasseurs.

J’ai l’immense privilège de pouvoir aller d’un site magnifique à un autre, vivre un petit moment avec les gens qui y vivent, pour ensuite continuer ma route et y revenir souvent qu’au bout d’un an.

 

Le 18 janvier 2018 j’ai été invité à la remise des prix du Concours Départemental Villes et Villages Fleuris. On m’a demandé de parler du pastoralisme.

Je reproduis ici le petit « speach » que j’ai fait ainsi que le diaporama de Conseil Départemental. Merci Carole Dartencet!

« Merci de m’avoir invité. Je vais essayer de vous expliquer ce que je fais de mes journées, dehors, avec mes bêtes, dans la Double.

Je me suis installée en tant que bergère sans terre il y a une petite dizaine d’année. Ce n’était pas facile de faire admettre mon statut, mais finalement, je ne sais pas trop comment me voilà cotisante solidaire à la MSA puis exploitante agricole.

J’ai gagné ce premier pari de pouvoir sillonner la Double avec mes bêtes, les propriétaires terriens, d’abord hésitants, m’ont rapidement donné leur sympathie, car le concept donnant donnant, qui est et reste sans engagement des deux côtés leur a plu.

Bergère sans terre dans la Double demande une intégration complète. Je participe à plusieurs manifestations festives dans les villages dans l’année, notamment à la fête des épouvantails à St. André de Double, la fête de la forêt de la Double à la Devise de St. Barthélémy de Bellegarde, la fête des bergers à St. Christophe de Double ou encore au Parcot d’Echourgnac ou aux différents commis agricoles.

J’ai aussi été emmené à prendre position sur des sujet brulants, comme le Ball trap de Servanches, et quand on est accueilli comme je l’étais avec un projet aussi atypique, on se doit de se lever et de faire face. C’est comme ça que j’ai endossé le poste de porte-parole dans le Collectif de Servanches, ce qui m’a emmené loin, jusqu’au tribunal correctionnel de Périgueux, mais ça c’est une autre histoire qui va se raconter à un autre moment.

Ma vie est auprès de mes brebis jour après jour, les envoyer paître dans les forêts et les prairies. Au fil du temps j’ai pu établir un système de pâturage tournant qui les nourrit entièrement avec ce qu’elles trouvent dehors en restant belles toute l’année.

Une brebis ne mange pas que de l’herbe. Afin de lui permettre d’avoir une ration équilibrée tous les jours il faut la complémenter avec des ligneux, des feuilles, des glands et châtaignes suivant la saison. Plus sa ration journalière est variée, en meilleur état et santé sera le troupeau. Et les brebis peuvent trouver tout ce qu’il leur faut dehors.

Je tiens à avoir un troupeau bien intégré dans son pays, donc mon choix s’est porté sur la race sasi ardi. J’essaie de le prononcer bien, j’espère qu’il n’y a pas trop de basques dans la salle. C’est une brebis débrouillarde et indépendante, un peu à l’image de son peuple. Je pars tous les deux ans au pays basque pour renouveler les béliers. Mes brebis basques sont devenues un peu doublaudes, je les ai grégarisés, chose qui n’est pas dans leur nature, mais indispensable pour moi, car je les garde, le bâton planté. Et puis la sasi ardi a mes faveurs aussi parce qu’elle est belle à regarder. C’est important dans la vie.

Nous sommes en train de créer une association pastorale dans la Double. Elle nous permettra de porter la fête des bergers à St. Christophe de Double, mais aussi à faire la promotion du pastoralisme. Nous voulons, par des actions concrètes, promouvoir le pastoralisme. Ainsi nous allons organiser un concours de tonte au printemps, et à l’automne nous partirons faire la traversée de Bordeaux en deux jours, ensuite nous rentrerons à pied au pays, le long des rivières. Une belle manifestation sur l’histoire du pastoralisme aquitain est prévue à la fin de l’été entre Double et Béarn. »

 

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