Le Patou

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Mes brebis dorment toute l’année dehors, seules. Je pourrais dire: elles m’ont demandé un Patou, et c’est un peu vrai. J’ai commencé à discuter de l’acquisition d’un chien de protection avec les dresseurs et il m’ont orienté vers La Pastorale Pyrénéenne. Je suis tombé sur une équipe dynamique, qui m’a aussitôt pris en charge. Ils ont bien fait le tour de mon système d’élevage, et ils ont réfléchi comment adapter le Protocol. En effet, un Patou ça ne se dresse pas ça s’éduque en suivant un Protocol. Première phase: le chiot est mis avec un lot d’agneaux dans la bergerie. Déjà je n’ai pas de bergerie et encore moins un lot d’agnelles. Les problèmes commencent. Je me fais finalement conseiller un Patou un peu plus âgé qui a vécu cette première étape chez l’éleveur. Plus difficile à trouver, nous restons en contact.

Peu de temps après un nouveau coup de fil de la Pastorale. Ils ont déjà trouvé. Ils me proposent une journée formation dans les Pyrénées en même temps que je viendrais chercher le chien. Je m’organise. C’est difficile. Finalement je peux me libérer pour une journée (merci les enfants) et je pars à cinq heures du matin pour participer à la Formation des éleveurs à la mise en place et à l’utilisation du chien de protection sur troupeaux.

Je passe une journée passionnante avec Bruno Thirion, d’autres éleveurs, de vrais transhumants des Pyrénées. On discute difficultés, on parle ours et loup, randonneurs etc. L’art d’éduquer un Patou réside dans l’équilibre entre attachement au maître et fixation au troupeau. Il ne faut pas perdre le contrôle du chien, mais il doit se définir par rapport au troupeau, ne jamais le quitter, et écarter les dangers. Tout ce qui se passe à l’extérieur du périmètre doit le laisser indifférent. Vaste programme!

A la fin de la journée on me présente le Patou. Pauvre petit, jamais sorti de son environnement pastoral, il est perdu. Je l’approche doucement, le charge dans la voiture,  et c’est parti direction La Double, loin des montagnes.

Les premiers jours il fait pitié. Il n’a pas d’appétit, les brebis le tapent, c’est un moment difficile. Il quitterait facilement le troupeau, pour vivre plutôt avec moi, ou avec les chiens de conduite. Mais je tiens bon. Je lui apprends l’ordre « au troupeau », et d’abord réticent il va de plus en plus allègrement se confondre dans les brebis. Il finit par défendre sa gamelle et prendre du poids, et finalement je l’entends aboyer. Voilà, il est chez lui.

Reste à éduquer les gens: Il ne faut pas le nourrir, ni le caresser. Par chance c’est un chien qu’on approche pas facilement, il est méfiant et c’est tant mieux car il aurait vite fait de se retrouver sur un sofa par là.

 

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