cagette.net

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J’ai participé à une formation géniale!!!! Elle s’appelle cagette.net

François et Sébastien ont un logiciel. François l’a été crée pour faciliter la vente en direct des producteurs. C’est bien connu, nous avons souvent un peu du mal avec l’informatique, enfin je parle pour moi, et jamais j’achèterais un logiciel à plusieurs centaines d’euros, avec un énorme risque, de ne pas savoir m’en servir.

Mais leur formule prévoit de nous offrir le logiciel, si nous participons à une formation, qui est prise en charge par VIVEA, organisme que nous payons avec nos cotisations. Donc François et Sébastien se font indirectement payer le logiciel et en plus ils nous offrent une formation.

Cagette.net incite les producteurs de se mettre en réseau pour avoir réellement différents produits intéressants à proposer dans leurs boutiques en ligne. Et surprise, à la formation je retrouve des gens de mon secteur  et hop, nous créons Le petit Marché de Douzillac. Si vous cliquez dessus, vous pouvez commander mes produits, mais aussi ceux d’Aurélie et de Delphine, et il peut s’en ajouter d’autres. Ainsi, le petit Marché de Douzillac, qui était en train de mourir, tellement il était fastidieux de passer la matinée dans l’attente d’un pèlerin qui passerait peut-être par là acheter peut-être une salade……….C’est bien connu, nous, les producteurs, nous n’avons pas que ça à faire!

Je le sais, je ne suis pas très bonne en marketing. (les grands mots). Dans la Double, il y encore des gens qui me croisent, et qui ne savent pas, que je vends de l’agneau en direct, ou si ils le savent, ils ne voient quand même pas comment s’en procurer, et ça après dix ans de pastoralisme dans la Double!

Les éleveurs ne sont pas les seuls à avoir peu de temps. La grande faille de la vente en direct reste l’inconvénient de devoir arpenter tout le pays à la recherche des différents produits. D’accord, il y en a qui sont à la retraite, mais même: je connais quelques retraités très occupés!

Concrètement, grâce à la formation, j’ai ajouté un onglet à mon site internet qui s’appelle COMMANDES. Et maintenant, vous pouvez aller sur cette page et commander mes produits depuis votre sofa. vous pouvez savoir quand et où je livre, et moi je peux savoir qui va venir où et quand chercher son colis. Si ce n’est pas révolutionnaire!

Je ne prétends pas maîtriser toutes les fonctions qu’offre cagette.net. J’ai le cerveau un peu lent. Mais c’est un bon début, et on va voir la suite. Je vais peut-être pouvoir apporter de l’aide à la saisie des commandes dans mes différents points de ventes et AMAP sur Bordeaux.

Ce que j’ai fait avec mon troupeau pendant les deux jours de formation? Eh, bien merci à ma fille, qui avait un peu de temps avant son départ en voyage. Il faisait mauvais, et inévitablement les brebis se sont échappés. Elles se sont éparpillés dans toute la campagne, j’ai eu des coups de fil affolés. Mais avec l’aide des voisins et des chiens, ma fille a réussi à remettre de l’ordre. Galère! Comme quoi, rien n’est jamais gratuit.

 

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Le Patou

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Mes brebis dorment toute l’année dehors, seules. Je pourrais dire: elles m’ont demandé un Patou, et c’est un peu vrai. J’ai commencé à discuter de l’acquisition d’un chien de protection avec les dresseurs et il m’ont orienté vers La Pastorale Pyrénéenne. Je suis tombé sur une équipe dynamique, qui m’a aussitôt pris en charge. Ils ont bien fait le tour de mon système d’élevage, et ils ont réfléchi comment adapter le Protocol. En effet, un Patou ça ne se dresse pas ça s’éduque en suivant un Protocol. Première phase: le chiot est mis avec un lot d’agneaux dans la bergerie. Déjà je n’ai pas de bergerie et encore moins un lot d’agnelles. Les problèmes commencent. Je me fais finalement conseiller un Patou un peu plus âgé qui a vécu cette première étape chez l’éleveur. Plus difficile à trouver, nous restons en contact.

Peu de temps après un nouveau coup de fil de la Pastorale. Ils ont déjà trouvé. Ils me proposent une journée formation dans les Pyrénées en même temps que je viendrais chercher le chien. Je m’organise. C’est difficile. Finalement je peux me libérer pour une journée (merci les enfants) et je pars à cinq heures du matin pour participer à la Formation des éleveurs à la mise en place et à l’utilisation du chien de protection sur troupeaux.

Je passe une journée passionnante avec Bruno Thirion, d’autres éleveurs, de vrais transhumants des Pyrénées. On discute difficultés, on parle ours et loup, randonneurs etc. L’art d’éduquer un Patou réside dans l’équilibre entre attachement au maître et fixation au troupeau. Il ne faut pas perdre le contrôle du chien, mais il doit se définir par rapport au troupeau, ne jamais le quitter, et écarter les dangers. Tout ce qui se passe à l’extérieur du périmètre doit le laisser indifférent. Vaste programme!

A la fin de la journée on me présente le Patou. Pauvre petit, jamais sorti de son environnement pastoral, il est perdu. Je l’approche doucement, le charge dans la voiture,  et c’est parti direction La Double, loin des montagnes.

Les premiers jours il fait pitié. Il n’a pas d’appétit, les brebis le tapent, c’est un moment difficile. Il quitterait facilement le troupeau, pour vivre plutôt avec moi, ou avec les chiens de conduite. Mais je tiens bon. Je lui apprends l’ordre « au troupeau », et d’abord réticent il va de plus en plus allègrement se confondre dans les brebis. Il finit par défendre sa gamelle et prendre du poids, et finalement je l’entends aboyer. Voilà, il est chez lui.

Reste à éduquer les gens: Il ne faut pas le nourrir, ni le caresser. Par chance c’est un chien qu’on approche pas facilement, il est méfiant et c’est tant mieux car il aurait vite fait de se retrouver sur un sofa par là.

 

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Les agneaux au biberon

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Tout les ans à la mise bas il y a des agneaux orphelins. Soit la mère en a eu des jumeaux et peine à nourrir les deux, soit elle a eu une mise bas difficile, et ne veut pas voir ce rejeton qui l’a fait tant souffrir, ou bien elle a « oublié » qu’elle a un enfant, chose qui peut arriver quand on change de pâturage. Dans tout les cas je me retrouve avec un petit agneau juste né, seul et abandonné.

Je n’ai pas de bergerie, je ne peux donc pas installer une pouponnière. WP_20170315_09_38_12_Rich_LI[1]

Mais j’ai des amis, et depuis quelques années déjà, nous avons trouvé un système particulièrement adapté à mon mode d’élevage: mes orphelins partent grandir au milieu des ânes et des poules, ils reçoivent toutes les attentions possibles et imaginables, des biberons, quatre cinq fois par jour, et même la nuit au début, des soins attentionnés pour pas qu’ils se sentent seuls, des promenades, des gratouilles…..et je ne sais pas tout. Le dévouement de mes amis est sans bornes!

Au bout de deux ou trois mois les petits reviennent dans le troupeau pour vivre une vie de mouton. WP_20170315_09_45_32_Rich_LI[1]

Ce matin c’était le grand jour. Zoé, Ariane, Milou et Tina sont revenu. Les petites choses tremblantes et frêles sont devenus de fiers agneaux. Le voyage dans le C15 les a un peu déboussolé, ils protestent.

Le troupeau n’est pas au bord de la route. J’ouvre le coffre, les quatre voient leur « parents » et ils sautent allègrement en terrain inconnu. Gentiment ils sont conduits auprès de leur congénères, et on les emmène pâturer avec leur nouveau troupeau. Ah, l’herbe les déride, et ils mangent avec enthousiasme, mais un peu à l’écart des autres, toujours dans les jambes de Soizic et Jacky, qu’ils considèrent comme leur vrai troupeau.

Les Rousseau n’ont pas que ça à faire, et après un long moment passé dans le pré, c’est l’heure des adieux. Je sais que ces quatre bêtes vont leur manquer, mais ils sont braves, ils savent qu’ils ont une bonne vie dans le troupeau de brebis. Et puis….. L’agnelage n’est pas terminé, va savoir, peut-être que je vais avoir encore besoin de leur gentillesse pour me donner un coup de main pour un sauvetage in extremis. WP_20170315_09_34_35_Rich[1]

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Les chapeaux sont arrivés

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WP_20160619_003J’en parle depuis un moment, enfin ça y est, on peut acheter des chapeaux de différentes tailles et couleurs!!WP_20160619_004

Ils sont faits avec la laine de mes brebis, totalement imperméables. WP_20160619_002

Toutes les étapes de fabrication sont en France, la transformation de la laine soutient en même temps des artisans, comme la filature de Niaux, qui est actuellement repris par une équipe de jeunes, ou alors la Fée Capeline, chapelière à La Brigue.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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V__2AB3V__507FEn chantier le projet tapis: Pour l’instant nous avons deux prototypes et on peut passer commande pour cet hiver.WP_20160410_010WP_20160410_002

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Aventure Laine

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Ça fait quelques années que je parle de vouloir faire quelque chose de mieux avec la laine que de la mettre en sac et de la laisser expédier en Chine pour que là-bas de pauvres gens puissent la transformer pour un salaire dérisoire, afin que nous puissions consommer pour pas cher.

Parler c’est bien, mais il faut passer à l’action. Et là, c’est une autre paire de manches. La laine c’est un métier, et même plusieurs. Chaque race de brebis a une laine d’un type différent, il y a les experts lainiers, très peu en France de nos jours, et suivant la laine qu’on trouve sur le dos de sa brebis, son utilisation va être différent.

Dans un troupeau comme le mien, pas très homogène, on trouve des laines différentes. Mais à priori c’est une laine grossière et quand des gens m’ont conseillé de changer de race pour améliorer la qualité lainière de mon troupeau j’ai hurlé. Surtout pas ! J’ai besoin que mes brebis, élevées en plein air intégral, aient une laine grossière sur le dos pour que la pluie ruisselle dessus.

Si je peux arriver à transformer une partie de la laine, ça ne sera jamais qu’un complément de revenu, et encore : pour l’instant c’est un désastre financier.

Pour arriver à un produit fini depuis la laine sur le dos d’un mouton, il y a beaucoup d’étapes, beaucoup de métiers et des gens à payer correctement pour leur travail: d’abord la tonte et le tri, un travail tâcheron et épuisant. Nous le faisons en famille et entre amis, mais cela reste un gros chantier.DSC07099

Ensuite il faut acheminer la laine vers une usine (loin) où elle peut être lavée, cardée et éventuellement filée. Je travaille avec la filature de Niaux, repris récemment par des jeunes. Avec ma participation je contribue au soutien de cette filature, et de l’équipe qui cherche à trouver son gagne-pain là-dedans.

J’ai donc décidé de me pencher sur la problématique de la laine grossière. Elle a l’avantage d’être solide et imperméable.  Malheureusement elle ne fait pas rêver par sa douceur, et je n’ai pas facilement trouvé des artisans qui auraient aimé la travailler.

Le hasard ma fait rencontrer des gens du Mercantour, plus précisément de La Brigue. Là aussi, ils ont une petite race du pays, la brebis brigasque, et j’ai été enchanté de me faire raconter leur aventure, comment ils se sont regroupés entre éleveurs, comment ils ont collectionné leur laine, pour l’envoyer en Sardaigne où ils avaient trouvé une usine, qui leur fabriquait des tapis, comment ils ont pu demander des motifs des peintures rupestres de la vallée des Merveilles. Merveilleux. Je rêve de pouvoir faire pareil dans mon coin. Mais pour ça il me faut une tonne de laine brute, un camion, du temps…….on en est pas là. Ils ont un site internet, Tapis Brigasques, allez-y faire un tour.

Par contre dans ce même village de La Brigue il y a une chapelière : La Fée Capeline. Une personne merveilleuse. Elle est la première artisane qui a accepté de me faire une petite production à revendre : des chapeaux. D’une belle façon, rustiques, imperméables. Elle aussi a un site internet La Fée Capeline WP_20151227_004035

Parallèlement j’ai rencontré Catherine Raccoursier, je ne vais pas redire une personne merveilleuse, même si le terme correspond exactement. Ensemble nous nous sommes attaqués à la laine en nappes, lavée cardée, je l’ai filé grossièrement et elle a tissé des tapis avec.

Au début il était hors question pour moi de faire de l’artisanat. Je trouvais que je n’avais pas le temps, que c’était long fastidieux et inefficace. Petit à petit  je me suis vu me transformer en fileuse, mes parents m’ont offert un rouet performant pour le filage du gros fil et je lorgne maintenant vers les métiers à tisser de Catherine, en me  disant que finalement j’aimerais bien apprendre à faire des tapis d’un bout à l’autre.WP_20160404_008WP_20160410_007

Le fil à ce pouvoir : il nous embobine, il nous fait tisser des liens, d’une rencontre à une autre il y a des projets qui naissent, vraiment c’est une belle aventure !

Donc, bientôt j’ai des produits à vendre!! Des chapeaux, des tapis ou encore de la laine en nappes, lavée et cardée!

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Agnelages

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DSC_0668C’est l’hiver, les agnelages ont commencés, fini les grandes balades dans la forêt avec les brebis de peur de perdre un agneau qui se serait endormi au pied d’un arbre et qui perdrait ainsi son troupeau et sa mère.

Il fait soleil, le temps est beau comme jamais en hiver, je dois même porter de l’eau.

Quand j’arrive le matin aux brebis je regarde ce qui se passe j’espère que tout va bien, et en général c’est le cas. J’aperçois les agneaux nouveaux nés tout de suite car la brebis s’est mis un peu à l’écart pour agneler. J’attrape le petit, je lui pose une petite boucle provisoire, et je note la boucle de la mère.

Rapidement le petit et sa mère se fondent dans la masse, mais l’ambiance du troupeau change. Je rallie les grandes prairies d’un seul tenant pour avoir le moins que possible à transhumer. Cela donne une tranquillité à la mise bas, les petits ne se fatiguent moins et les brebis sont moins inquiets.

Maintenant quand je déplace le troupeau, je ne peux plus partir tout simplement d’un pas alerte d’un endroit à l’autre. Je sollicite de l’aide pour pousser l’arrière du troupeau, car les chiens ne peuvent plus faire ce travail, les brebis défendent leur petit avec ardeur, attaquent les chiens, et si je laisse faire, chiens et brebis se lancent dans des batailles sans merci.

J’ai besoin d’une brebis qui défend courageusement son petit, car les dangers en plein champ sont multiples: renards et blaireaux ne demandent que ça, croquer les agneaux juste nés et sans défense. Ensuite il y aura le loup, mais ceci est une autre histoire, nous n’y sommes pas encore, merci bien.

J’ai choisi de laisser le troupeau ensemble tout le temps. Cela ne facilite pas la gestion, mais avoir des lots par ici et par là me ferait trop courir à droite et à gauche. Les brebis mettent bas à leur rythme, tout au long de l’hiver, parfois des dizaines par jour, parfois juste une ou deux ou aucune.DSC_0648

Le troupeau devient de plus en plus hétéroclite, il y des tout petits agneaux, des plus grands, les derniers agneaux à vendre au printemps, des grosses brebis lourdes prêtes à mettre bas……. Leurs besoins en nourriture sont différents: les jeunes ont faim. Ils aimeraient aller dans les bois manger glands et châtaignes, les mères ne voudraient pas trop s’éloigner de leurs petits, et les agneaux ont besoin de rien, ils mangent chaud.WP_20151210_007

Tout les matins je lâche le troupeau dans un bout de pré, comme ça les uns peuvent manger en bordure de bois et les autres peuvent rester auprès de leur petit juste né. Je passe mon temps à observer, comprendre, surveiller. J’interviens le moins que possible, j’ai confiance.

Il y a des histoire à raconter, il se passe plein de choses, des histoires drôles comme ce flouca noir (mâle castré) qui a adopté un petit mâle noir, en attendant que sa mère aille mieux, du coup ils s’en occupent ensemble, je les vois faire quand je garde, où bien ce petit agneau jumeau, dont la mère a du mal à s’en occuper et qui se fait adopter par une autre brebis pleine de lait. Des histoires moins drôles, de brebis qui n’arrivent pas a mette bas, car le petit est trop gros ou mal placé. Des fois il y a une brebis qui a souffert en mettant bas, le troupeau part, elle le suit sans un regard en arrière, et elle laisse son petit, qui lui a souffert aussi et ne peut pas suivre. C’est à moi de réagir vite, de rattraper la mère, de l’attacher à un arbre ou de la monter en voiture, de la forcer de rester avec son petit et de faire connaissance. Tout est dans la vitesse, une brebis, ça oublie rapidement, mais isolée avec son agneau, elle met à peine une heure pour s’en occuper et le tour est joué. Elle ne le quittera plus.

Des fois ça ne marche pas comme on voudrait, et tout les ans il y a quelques agneaux élevés au biberon. Ceux-là seront complètement apprivoisés, car ce sont des amis qui s’en occupent pendant deux mois, jusqu’au sevrage. Ils auront des noms, et ils resteront toujours autour des personnes. Ils ont été nourris par l’homme, et malgré une attention toute particulière de les garder dans leur milieu naturel, ils auront pas les mêmes comportements sociaux, car la brebis ne nourrit pas seulement son agneau, elle l’éduque aussi, chose qui manquera toujours à nos petits biberons.

BERGERIE

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