Les chapeaux sont arrivés

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WP_20160619_003J’en parle depuis un moment, enfin ça y est, on peut acheter des chapeaux de différentes tailles et couleurs!!WP_20160619_004

Ils sont faits avec la laine de mes brebis, totalement imperméables. WP_20160619_002

Toutes les étapes de fabrication sont en France, la transformation de la laine soutient en même temps des artisans, comme la filature de Niaux, qui est actuellement repris par une équipe de jeunes, ou alors la Fée Capeline, chapelière à La Brigue.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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V__2AB3V__507FEn chantier le projet tapis: Pour l’instant nous avons deux prototypes et on peut passer commande pour cet hiver.WP_20160410_010WP_20160410_002

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In Giro

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La Sardaigne où je fais pour la troisième année une saison de tonte d’un mois est une des régions les plus pauvres de l’Italie. L’île est de quatre fois la taille de la Corse voisine peuplée de 1,5 millions d’habitants pour trois millions de brebis laitières.WP_20160522_005

Les Sardes sont généreux, irréductibles et accueillants. De tous les temps les envahisseurs n’ont jamais colonisé que les côtes et l’intérieur du pays est toujours resté insoumis. Même de nos jours, les touristes restent pour la majorité sur la côte.

Nous arrivons par bateau à Porto Torres, et le premier jour nous traversons l’île pour arriver à Vallermosa où nous resterons une grande partie de notre séjour. Rien que ce premier contact est dépaysant. L’autoroute qui traverse le pays est dans un état lamentable, nous ne risquons pas de faire des excès de vitesse ! Notre équipe compte cinq tondeurs, des français, et nous avons l’habitude de nous arrêter à un petit resto au bord de l’autoroute pour bien nous mettre dans l’ambiance du pays : des mets succulents, des vins extraordinaires, et la bière du pays. WP_20160522_001

Le travail est dur : il faut se lever à l’aube,  et à une heure de l’après-midi le troupeau de cinq à neuf cent brebis doit être tondu. Les sardes deviennent très impatients quand on dépasse l’heure de la soupe. Et quelle soupe ! Il y a un festin après la tonte annuelle et les femmes ont passé du temps en cuisine. Les entrées, la pasta, les légumes, trois viandes, vins et desserts. Et si l’assiette est vide on la remplit aussitôt, ainsi que le verre. C’est encore un travail dur de résister à toute cette mangeaille quand l’après-midi il faut repartir tondre, se plier en deux.WP_20160515_007WP_20160515_005

Au cours de ces repas on remarque, qu’il y a des gens qui sont venus surtout pour bien manger, et à les regarder faire, on a l’impression qu’ils ne mangent pas toujours à leur faim. Ils sont souvent employés comme journaliers pour un tout petit salaire, où alors ils ont la chance d’être employés comme trayeur. Je pense que c’est cette pauvreté les rend solidaires entre eux, fatalistes aussi.WP_20160509_016

C’est révoltant de voir la pauvreté des gens, puis la qualité de leur productions. La mondialisation absorbe tout ça à petit prix. Mais il est difficile d’imaginer une vente en direct, le grand handicap étant l’île. Le lait qui est produit ne peut partir dans la consommation locale, et même les touristes en été ne suffiraient pas. Toutefois il existe des coopératives qui produisent du fromage et le vendent sur le continent ensuite.  Mais on me dit que les sardes ne sont pas assez coopératifs entre eux, ils ont des difficultés de s’unir pour transformer leur richesses, puis l’exporter et garder le revenu multiplié dans leur poche. Comme partout c’est l’unité qui fait la force!!WP_20160509_002

Mais tout cela ne reste que des considérations vu de l’extérieur. Même en passant beaucoup de temps dans les fermes et avec les bergers, on sent toujours une barrière: la langue, que je ne maitrise pas très bien, mais aussi le fait que je suis une femme dans un univers d’hommes, et que de toutes façons les sardes ont une réserve pour tout ce qui vient de l’extérieur, et ils ont bien raison. Mais je peux voir la dureté du climat, j’ai du respect pour ceux qui font de l’agriculture dans ces conditions, et je peux voir le travail bien fait. Leur système social commence à bouger, je vois des femmes apparaître dans les bergeries, elles commencent à ma demander si c’est dur de tondre, etc.

Et puis il y eu ce soir où on a rencontré une famille africaine, tout juste sortie de leur rafiot et sauvé pour l’instant. Des petits enfants qui dormaient d’épuisement, et un bébé que j’ai eu la chance de tenir dans mes bras. C’était un moment très émouvant pour moi.

Les gens venus d’Afrique par bateau, souvent repêchés in extrémis, passent pour beaucoup par la Sardaigne. Ils sont assez mal accueillis, chose compréhensible vu la pauvreté et le chômage de la population locale. Mais quand on les rencontre directement, quand on lit le vague à l’âme sur leur visages, qu’on essaye d’imaginer ce qu’ils ont pu vivre sans y parvenir, on se sent confronté, impuissant, à un des drames de l’humanité.WP_20160504_006

 

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Aventure Laine

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Ça fait quelques années que je parle de vouloir faire quelque chose de mieux avec la laine que de la mettre en sac et de la laisser expédier en Chine pour que là-bas de pauvres gens puissent la transformer pour un salaire dérisoire, afin que nous puissions consommer pour pas cher.

Parler c’est bien, mais il faut passer à l’action. Et là, c’est une autre paire de manches. La laine c’est un métier, et même plusieurs. Chaque race de brebis a une laine d’un type différent, il y a les experts lainiers, très peu en France de nos jours, et suivant la laine qu’on trouve sur le dos de sa brebis, son utilisation va être différent.

Dans un troupeau comme le mien, pas très homogène, on trouve des laines différentes. Mais à priori c’est une laine grossière et quand des gens m’ont conseillé de changer de race pour améliorer la qualité lainière de mon troupeau j’ai hurlé. Surtout pas ! J’ai besoin que mes brebis, élevées en plein air intégral, aient une laine grossière sur le dos pour que la pluie ruisselle dessus.

Si je peux arriver à transformer une partie de la laine, ça ne sera jamais qu’un complément de revenu, et encore : pour l’instant c’est un désastre financier.

Pour arriver à un produit fini depuis la laine sur le dos d’un mouton, il y a beaucoup d’étapes, beaucoup de métiers et des gens à payer correctement pour leur travail: d’abord la tonte et le tri, un travail tâcheron et épuisant. Nous le faisons en famille et entre amis, mais cela reste un gros chantier.DSC07099

Ensuite il faut acheminer la laine vers une usine (loin) où elle peut être lavée, cardée et éventuellement filée. Je travaille avec la filature de Niaux, repris récemment par des jeunes. Avec ma participation je contribue au soutien de cette filature, et de l’équipe qui cherche à trouver son gagne-pain là-dedans.

J’ai donc décidé de me pencher sur la problématique de la laine grossière. Elle a l’avantage d’être solide et imperméable.  Malheureusement elle ne fait pas rêver par sa douceur, et je n’ai pas facilement trouvé des artisans qui auraient aimé la travailler.

Le hasard ma fait rencontrer des gens du Mercantour, plus précisément de La Brigue. Là aussi, ils ont une petite race du pays, la brebis brigasque, et j’ai été enchanté de me faire raconter leur aventure, comment ils se sont regroupés entre éleveurs, comment ils ont collectionné leur laine, pour l’envoyer en Sardaigne où ils avaient trouvé une usine, qui leur fabriquait des tapis, comment ils ont pu demander des motifs des peintures rupestres de la vallée des Merveilles. Merveilleux. Je rêve de pouvoir faire pareil dans mon coin. Mais pour ça il me faut une tonne de laine brute, un camion, du temps…….on en est pas là. Ils ont un site internet, Tapis Brigasques, allez-y faire un tour.

Par contre dans ce même village de La Brigue il y a une chapelière : La Fée Capeline. Une personne merveilleuse. Elle est la première artisane qui a accepté de me faire une petite production à revendre : des chapeaux. D’une belle façon, rustiques, imperméables. Elle aussi a un site internet La Fée Capeline WP_20151227_004035

Parallèlement j’ai rencontré Catherine Raccoursier, je ne vais pas redire une personne merveilleuse, même si le terme correspond exactement. Ensemble nous nous sommes attaqués à la laine en nappes, lavée cardée, je l’ai filé grossièrement et elle a tissé des tapis avec.

Au début il était hors question pour moi de faire de l’artisanat. Je trouvais que je n’avais pas le temps, que c’était long fastidieux et inefficace. Petit à petit  je me suis vu me transformer en fileuse, mes parents m’ont offert un rouet performant pour le filage du gros fil et je lorgne maintenant vers les métiers à tisser de Catherine, en me  disant que finalement j’aimerais bien apprendre à faire des tapis d’un bout à l’autre.WP_20160404_008WP_20160410_007

Le fil à ce pouvoir : il nous embobine, il nous fait tisser des liens, d’une rencontre à une autre il y a des projets qui naissent, vraiment c’est une belle aventure !

Donc, bientôt j’ai des produits à vendre!! Des chapeaux, des tapis ou encore de la laine en nappes, lavée et cardée!

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Pâtre

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Janvier 2016

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Les gens de la Double

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Être invitée à la Félibrée cet été me met au cœur même de ce pays et de ses coutumes. Dès mon arrivée dans cette région, j’ai aimé les gens d’ici, un peu secret et discret comme leur forêt, impitoyables aussi, quand il s’agit de défendre biens et terres, honneurs et intérêts.

La Félibrée est une fête très ancienne, qui sert à promouvoir et transmettre la culture occitane et les vieux métiers. Je me suis retrouvé à une réunion, la télé est arrivée et tout le monde s’est mis à parler patois ! C’est rare d’entendre ça de nos jours.WP_20160321_011

St. Aulaye est la petite ville qui accueillera la Félibrée cette année, mais il y a les villages alentours, dont le mien, Servanches, qui doivent, ou ont l’honneur, de participer, notamment à la fabrication de quelques 400 000 fleurs qui décoreront toutes les rues de St. Aulaye. C’est un travail fastidieux, même un peu ennuyeux, mais en même temps, nous nous retrouvons une fois par semaine à la mairie ou chez quelqu’un, on passe un moment ensemble et on essaye d’avancer.WP_20160321_010

Je me retrouve donc avec les gens du village, qui me racontent comment c’était à la dernière Félibrée, il y a vingt ans, et je me dis quel bonheur d’être là en toute simplicité. Nous sommes quelques-uns à être arrivés comme ça et à s’y plaire encore et toujours. Nous essayons de nous investir pour une cause ou pour une autre, et je pense que les autres sont comme moi : on a envie de donner quand on peut, en pensant à l’accueil chaleureux que nous avons eu. Nous voulons défendre ou aider à défendre ce pays qui nous a adoptés.WP_20160221_008

La plupart des doubleauds que je connaisse sont ou était des agriculteurs. Le travail est fait en temps et en heure, avec un calme et un savoir-faire extraordinaire. J’ai souvent observé leurs gestes lentes et précises.  Quand je garde les brebis dans la forêt je tombe des fois sur des clôtures en barbelé qui ont dû voir au moins une guerre passer dans le pays. Le genre de barbelé sur lequel on peut facilement casser une tenaille. Toujours debout, la clôture témoigne du travail soigné.WP_20160109_011

Ce sont des gens qui ont toujours travaillé, et qui tombent malades quand il faut vendre les bêtes. Il faut qu’ils ralentissent, car on approche les quatre vingt ans, et le père, lui,  a cent ans passé, et finalement il est allé à la maison de retraite. J’ai été invité comme ça, à faire pâturer des prairies pour qui aie un peu d’animation autour de la maison. On ne m’a pas offert le pâturage, on m’a demandé si s’accepterais de venir chez eux. J’en suis toujours autant honoré même si depuis le temps, du pâturage j’en ai beaucoup.

Mais pardessus tout, j’aime les entendre parler. Il y a des expressions et des points de vue qui m’enchantent. Ils ont souvent la parole juste, en trois mots tout est dit. C’est la pertinence même. On  discute comme ça, des choses de la vie, et j’explique comment je fais avec le troupeau, où je vais, les coins que je viste, le printemps plutôt là, puis ailleurs au fil des saisons. Je parle, c’est long, et puis on me dit : « Ah, vous suivez le pays ». Voilà tout est dit.WP_20160219_001

 

 

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Au creux de l’hiver

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Et voilà, nous y sommes au creux de l’hiver, et les doutes m’assaillissent sur le bien fondé de mon système d’élevage, quand j’arrive le matin et que je vois les brebis qui font le dos rond; elles ont eu de la pluie toute la nuit. Tiens, il y a deux agneaux qui s’abritent sous le ventre de leur mère.

Mais en faisant une bonne gestion du pâturage, leur mettant un coin de forêt dans leur parc, pour qu’elles s’abritent un peu la nuit, j’arrive à les maintenir de bonne humeur. Plus que jamais elles ont besoin de s’étaler une fois par jour. Je reste des longues heures sous la pluie à les garder, et finalement ce qui m’impressionne c’est le stoïcisme avec lequel elles acceptent le mauvais moment à passer, elles savent que de toute façon le beau temps reviendra et je prends exemple: je regarde les agneaux jouer sous la pluie, les palombes qui volent au vent et cela me procure une espèce de pleinitude.

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Je me félicite de tondre à l’automne et l’abondance de pâturage aussi nous allège grandement ce moment de dureté où les éléments se déchaînent; je ne lésine pas sur les temps de garde.

Le troupeau est sélectionné de par sa rusticité, il y a peu de races qui supportent d’agneler dehors. Les races anciennes ont le privilège d’être fières, débrouillardes et intelligentes. Leurs agneaux naissent avec du poil, ils sont debout presque aussitôt, et suivent leurs mères au bout de quelques heures seulement.

Quand les brebis ont faim, elles laissent leurs agneaux à leur sort, ceux là jouent ou dorment, des fois je les crois abandonnés, mais au bout d’un moment leur mère, rassasiée, rapplique et récupère le petit et le fait téter. C’est un joli spectacle, plus de cent agneaux et leurs mères, qui elles, mangent calmement, tandis que les petits, en bande, se livrent à des courses effrénés, pour ensuite chercher leur mère pour téter. Je regarde tout ça, je n’interviens pas, je contemple.

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Les couleurs de la nature sont plus éclatantes. Un rayon de soleil fait flamber forêt et ciel; il y a des vols de palombes extraordinaires, leurs formations décousus m’enchantent; des fois, je les surprends sur un pré qui devient gris tant il y a d’oiseaux, et à mon approche tout le monde s’envole dans un bruit de battement d’ailes extraordinaires. J’aime cette ambiance sobre, les gelés blanches du matin, les grands vents, les pluies battantes. C’est difficile de décrire cette ambiance d’hiver, il faut y être, je suis contente d’être obligé de sortir du coin du feu pour rencontrer cette nature hivernale.

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Agnelages

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DSC_0668C’est l’hiver, les agnelages ont commencés, fini les grandes balades dans la forêt avec les brebis de peur de perdre un agneau qui se serait endormi au pied d’un arbre et qui perdrait ainsi son troupeau et sa mère.

Il fait soleil, le temps est beau comme jamais en hiver, je dois même porter de l’eau.

Quand j’arrive le matin aux brebis je regarde ce qui se passe j’espère que tout va bien, et en général c’est le cas. J’aperçois les agneaux nouveaux nés tout de suite car la brebis s’est mis un peu à l’écart pour agneler. J’attrape le petit, je lui pose une petite boucle provisoire, et je note la boucle de la mère.

Rapidement le petit et sa mère se fondent dans la masse, mais l’ambiance du troupeau change. Je rallie les grandes prairies d’un seul tenant pour avoir le moins que possible à transhumer. Cela donne une tranquillité à la mise bas, les petits ne se fatiguent moins et les brebis sont moins inquiets.

Maintenant quand je déplace le troupeau, je ne peux plus partir tout simplement d’un pas alerte d’un endroit à l’autre. Je sollicite de l’aide pour pousser l’arrière du troupeau, car les chiens ne peuvent plus faire ce travail, les brebis défendent leur petit avec ardeur, attaquent les chiens, et si je laisse faire, chiens et brebis se lancent dans des batailles sans merci.

J’ai besoin d’une brebis qui défend courageusement son petit, car les dangers en plein champ sont multiples: renards et blaireaux ne demandent que ça, croquer les agneaux juste nés et sans défense. Ensuite il y aura le loup, mais ceci est une autre histoire, nous n’y sommes pas encore, merci bien.

J’ai choisi de laisser le troupeau ensemble tout le temps. Cela ne facilite pas la gestion, mais avoir des lots par ici et par là me ferait trop courir à droite et à gauche. Les brebis mettent bas à leur rythme, tout au long de l’hiver, parfois des dizaines par jour, parfois juste une ou deux ou aucune.DSC_0648

Le troupeau devient de plus en plus hétéroclite, il y des tout petits agneaux, des plus grands, les derniers agneaux à vendre au printemps, des grosses brebis lourdes prêtes à mettre bas……. Leurs besoins en nourriture sont différents: les jeunes ont faim. Ils aimeraient aller dans les bois manger glands et châtaignes, les mères ne voudraient pas trop s’éloigner de leurs petits, et les agneaux ont besoin de rien, ils mangent chaud.WP_20151210_007

Tout les matins je lâche le troupeau dans un bout de pré, comme ça les uns peuvent manger en bordure de bois et les autres peuvent rester auprès de leur petit juste né. Je passe mon temps à observer, comprendre, surveiller. J’interviens le moins que possible, j’ai confiance.

Il y a des histoire à raconter, il se passe plein de choses, des histoires drôles comme ce flouca noir (mâle castré) qui a adopté un petit mâle noir, en attendant que sa mère aille mieux, du coup ils s’en occupent ensemble, je les vois faire quand je garde, où bien ce petit agneau jumeau, dont la mère a du mal à s’en occuper et qui se fait adopter par une autre brebis pleine de lait. Des histoires moins drôles, de brebis qui n’arrivent pas a mette bas, car le petit est trop gros ou mal placé. Des fois il y a une brebis qui a souffert en mettant bas, le troupeau part, elle le suit sans un regard en arrière, et elle laisse son petit, qui lui a souffert aussi et ne peut pas suivre. C’est à moi de réagir vite, de rattraper la mère, de l’attacher à un arbre ou de la monter en voiture, de la forcer de rester avec son petit et de faire connaissance. Tout est dans la vitesse, une brebis, ça oublie rapidement, mais isolée avec son agneau, elle met à peine une heure pour s’en occuper et le tour est joué. Elle ne le quittera plus.

Des fois ça ne marche pas comme on voudrait, et tout les ans il y a quelques agneaux élevés au biberon. Ceux-là seront complètement apprivoisés, car ce sont des amis qui s’en occupent pendant deux mois, jusqu’au sevrage. Ils auront des noms, et ils resteront toujours autour des personnes. Ils ont été nourris par l’homme, et malgré une attention toute particulière de les garder dans leur milieu naturel, ils auront pas les mêmes comportements sociaux, car la brebis ne nourrit pas seulement son agneau, elle l’éduque aussi, chose qui manquera toujours à nos petits biberons.

BERGERIE

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Journées Patrimoine au Parcot

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WP_20150920_030[1]Tout y était: le beau temps, de l’herbe pour les brebis, un bon repas, beaucoup de monde intéressé et intéressant…….

Nous avons fait des démonstrations de tonte au Parcot. C’est un endroit sans prétention. Il y a un une bonne équipe de bénévoles, qui se connait très bien, et des manifestations en tout genre tout au long de l’année organisée par MAUD.

C’est une ancienne ferme, et lors des journées patrimoine, il y avait des visites guidés pour admirer les anciennes bâtisses et essayer de comprendre comment vivaient les paysans autrefois. Des vieux métiers étaient présentés, 

WP_20150920_029[1]Avec les fileuses et tisserandes nous avons essayé de faire le lien entre l’élevage, la tonte et la transformation de la laine. La laine n’est qu’un sous produit dans un élevage de brebis, elle paye à peine la tonte. C’est dommage et il serait temps de changer ça. Nous avons bien discuté ensemble et cet hiver nous allons nous réunir pour essayer de produire quelque chose ensemble. Nous aurons besoin de clients pour acheter une production éventuelle.

Le plus souvent les gens ont été étonné de nous voir tondre les brebis à l’automne. J’ai dû expliquer encore et encore l’importance de cette tonte pour un troupeau plein air intégral, que la brebis passe l’hiver avec peu de laine sur le dos, juste de quoi la tenir chaud, et comme c’est capital pour elle de pouvoir sécher vite avec le peu de soleil hivernal.

On a enfin pu voir les œuvres de Gilles Cabirol. Depuis le mois de mars il m’accompagnait avec le troupeau et patiemment il attendait le bon moment pour faire une photo. J’étais impatiente, car j’étais sûre que ça allait faire quelque chose de beau. Nous n’avons pas été déçus. Il a su rendre l’ambiance de ce troupeau dans la Double, je suis honorée et étonnée que nous avons pu contribuer à tant de beauté. Il a fait un texte d’introduction qui m’a beaucoup ému et que je veux partager ici:

WP_20150920_022[1]« J’ai rencontré Thérèse et son troupeau de brebis au Petit Château, près d’Echourgnac. 

C’était en mars dernier, j’ai tout de suite su qu’elle WP_20150920_023[1]faisait du bon et beau travail.

Curieux et admiratif, j’ai partagé plusieurs moments de son itinérance printanière dans la Double. J’ai ainsi pu réaliser une série de prises de vues, en noir et blanc, en argentique.

Pour saluer son projet original, courageux et utile, sont enthousiasme et sa bonne humeur, je vous propose de découvrir une trentaine de tirages sur papier baryté.

En toute modestie »

Gilles Cabirol

Gilles Cabirol a enterré sa mère samedi. Il n’était donc pas tellement de la fête dimanche. J’ai une pensé pour cette dame que je n’ai pas connu, son enfant est quelqu’un de sensible, bon et humble. Il est devenu un artiste et c’est peut être grâce à elle.

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La Double en Danger

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J’ai entendu parler d’un ball-trap international qui doit se monter sur la commune de Servanches. Au début ce ne sont que des rumeurs, mais bientôt la chose se précise: Ce serait un membre du groupe Tranchant, passionné par les ball-trap qui aurait ou serait en train d’acheter des centaines d’hectares de terrain.

La Double est un coin perdu, les habitants sont peu nombreux, il y a de la forêt partout. Un des derniers endroits en France où on peut acheter du terrain pour pas cher et imaginer une activité qui a, la plupart du temps, rien  à voir avec les gens qui y vivent.

Une association s’est crée, il y a une pétition qui circule, on peut même signer en ligne. Malgré la fragilité de ce pays, rares sont les mauvaises idées qui ont pu prendre pied. J’ai cru comprendre que même Jules César et son armée romaine aurait déjà eu du mal avec les doublauds, il y longtemps de ça.

Oui la Double est en danger! Des projets comme celui ci il y en a eu et il y en aura d’autres. Des fois on a l’impression qu’ils aient une utilité publique, mais bien souvent c’est comme dit ma voisine « une bande de rupins qui vient s’amuser », sans jamais se soucier de nous qui y vivons et y travaillons. Ils essaient de nous corrompre, mais la plupart des gens ici savent pertinemment que nous ne sommes pas de leur monde et qu’aucun d’entre nous n’aura jamais rien à gagner dans ce genre de projet.

Entre temps les esprits s’échauffent. Pour ma part je sais que si je donne mon avis personne me l’a demandé, et mon opinion n’est pas au point important pour me fâcher avec ceux qui pourraient en avoir une autre, j’aime mieux écouter et essayer de comprendre que de persuader.

Je termine avec Paulo Coelho qui dit: « Le futur a été crée pour être changé ». Alors changeons-le.

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La Maison de Retraite de St. Aulaye

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Mme Motard m’a appelé cet été avec une demande un peu farfelue: à la maison de retraite ils préparaient une exposition photo, où ils mettaient leurs pensionnaires dans des situations qui ont un rapport avec leur ancien métier ou leur passion. Une dame a tricoté une écharpe de plusieurs mètres et elle voulait une photo avec des moutons. Voilà, j’aime bien les idées farfelus et nous prenons rendez-vous pour la rentrée. 

Ensuite j’oublie un peu, des gens qui appellent il y en a beaucoup, des idées aussi. Mais pile à la rentrée voilà que le projet prend forme. Ça tombe bien, nous nous apprêtons de faire subir la deuxième tonte au troupeau. Il fait beau en ce début de septembre, le troupeau se trouve aux Jartrissoux, et nous avons l’aimable permission de monter notre chantier dans le pré de Jeanine.

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Dans l’après-midi les pensionnaires de la maison de retraite arrivent. Ah, mais c’est carrément une sortie! Tout s’organise spontanément: Michel sort des chaises de sa maison, il les dispose à l’ombre et ils nous regardent tondre comme au cinéma. Ensuite c’est la pause, elle est consacré à la fameuse photo.

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Le hasard veut qu’une des pensionnaires soit la mère de Danièle, habitante des Jartrissoux, et c’est quelque peu émouvant de voir la vieille maman, à l’aube de ses cent ans, retrouver son village.

Merci au personnel d’avoir des idées originales, d’être aussi bon et sensible avec les personnes en fin de vie. De trouver de quoi les faire rire et amuser, et de nous faire rigoler avec. J’attends le vernissage de l’expo photo avec impatience!

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